De tout temps, le mont Beuvray (821 m) a fait l’objet d’une fréquentation humaine importante. Il faut pourtant attendre la fin du IIe siècle avant J.-C. pour que les Eduens, peuple gaulois, décident d’y implanter leur capitale et de créer de toutes pièces une véritable ville, Bibracte. Enclose par un mur d’enceinte, elle abrite à son apogée une population que l‘on estime entre 5 000 et 20 000 habitants.
Vercingétorix y fut proclamé chef de la coalition gauloise en 52 avant J.-C. et Jules César y acheva la rédaction de ses Commentaires sur la Guerre des Gaules.
Centre économique, politique et religieux, Bibracte « raconte » en détail la vie des Gaulois aux IIe et Ier siècles avant J.-C. Les fouilles révèlent, année après année, ses fortifications, des portes monumentales, des bâtiments publics, une avenue centrale qui traverse différents quartiers. Bibracte est pourtant abandonnée à peine plus d’un siècle après sa fondation, au profit d’Augustodunum (Autun), édifiée à 25 kilomètres du mont Beuvray, à partir de la fin du Ier siècle avant J.-C.
Dès la Renaissance, les érudits s’interrogent sur l’emplacement de Bibracte. La plupart tranchent en faveur d’Autun.
Lorsque Napoléon III souhaite écrire une Histoire de Jules César, des recherches sont lancées pour localiser Alésia, Gergovie ou Bibracte. On interroge les érudits, on encourage les fouilles. Le vicomte d’Aboville, propriétaire du mont Beuvray, y fait faire des sondages en 1865.
De son côté, un négociant en vin d’Autun, Jacques-Gabriel Bulliot, pétri d’études humanistes, est depuis longtemps persuadé que l’antique Bibracte se trouvait au Beuvray. Napoléon III le chargeant en 1867 d’explorer le mont, il y conduit des campagnes de fouilles jusqu’en 1895, dégageant les murs de maisons, d’ateliers, de bâtiments publics, et recueillant des milliers d’objets, qui sont aujourd’hui répartis entre le musée Rolin d’Autun et celui des Antiquités nationales à St-Germain-en-Laye.
Joseph Déchelette, neveu de Bulliot, est associé à ses recherches puis en prend la direction. Déchelette, qui correspond avec d’autres archéologues, se rend compte que les vestiges retrouvés au Beuvray se retrouvent, identiques, en Bavière, en Hongrie, en Bohême. C’est lui qui comprend qu’une « civilisation » s’étendait sur une vaste partie de l’Europe.
A sa mort, en 1914, Bibracte et le Beuvray retombent dans le sommeil.
En 1984, un vaste programme de recherches, conçu en collaboration avec les chercheurs de l’Europe entière, est mis en place à l’initiative du Président de la République François Mitterrand. Ce programme s’accompagne de la construction d’un centre de recherches et d’un musée, dans le cadre des Grands travaux de l’Etat, ainsi que de l’acquisition du site du mont Beuvray.
Aujourd’hui, le Centre archéologique européen anime les recherches pour le compte du ministère de la Culture. Il assure la protection et la mise en valeur du site, promu au rang de site national et classé au double titre des Sites et Monuments historiques.
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